Lundi 28 septembre 2009
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"On ne perd pas un père, encore moins un père qui était, ou qui s'était, lui-même perdu. C'est de son vivant, peut-être, qu'on l'avait perdu, qu'on ne savait plus qui il était,
où il était. A présent qu'il est mort, on réunit ce qu'il a laissé, miettes et cailloux semés dans les forêts de son angoisse, trésors et épaves, on construit le vide, on sculpte l'absence, on
cherche une forme pour ce qui, en nous, demeure de lui, et qui a toujours été la tentation de l'informe, la menace du chaos, on cherche des mots pour ce qui, toujours, a été en nous la part
secrète, la part muette, un corps de mots pour celui qui n'a pas de tombe, un château de présence pour protéger son absence."
Sous forme d'abécédaire, d'Antonin Artaud à Zelig, Gwenaëlle Aubry ordonne le chaos et rassemble les fragments épars de la folie de son défunt père. Intégrant subtilement à son texte des extraits
d'un manuscrit "à romancer" laissés par l'absent, elle raconte cette vie à la marge qui la condamne à faire le deuil de la rassurante réalité normalement couverte par le mot-même de père, là où le
sien s'est simplement "échappé de lui même", revendiquant "le droit [...] de ne plus être quelqu'un".
Il ne s'agit pas de comprendre, de conseiller... juste la beauté de l'écriture comblant le vide de cette étrange relation.
Personne, Gwenaëlle AUBRY, Ed. Mercure de France, sept.
2009.
Par Mlle Georges
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Publié dans : chroniques livresques
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