Jeudi 30 juillet 2009
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Le dernier de la riche lignée Weynfeld est ce célibataire entre deux âges aux costumes sur
mesure, expert en tableaux, classe incarnée, un rien vieux jeu: Adrian. Chacun lui doit quelque chose, mais aucun ne doit se sentir redevable: il se gardera bien de le faire remarquer, s'éclipsant
avant la fin de ses dîners du jeudi avec ses amis les plus jeunes pour payer la note en toute discrétion, finançant les ambitions des uns et les folies des autres.
"La conscience d'être quelque chose de particulier s'était tellement incrustée dans la chair et le sang d'Adrian qu'il tentait de dissiper d'emblée, par une courtoisie exagérée, tout soupçon
d'arrogance."
Un tel personnage devait trouver un écrin glacé à sa mesure: immeuble ultra sécurisé, appartement revisité par un architecte et briqué d'une main ferme par une gouvernante qui veille dans l'ombre
au moindre besoin de cet handicapé du quotidien difficilement capable de cuisiner plus qu'un toast grillé et d'actionner le répondeur téléphonique.
Entre la belle et suicidaire Lorena, toujours en quête de quelques billets pour encourager ses envies de luxe, et le vrai faux Vallotton qu'un vieil ami veut lui faire mettre aux enchères, ce sont
nues devant la salamandre que ces femmes vont froisser l'amidon de ses rassurantes habitudes.
Le lecteur ne reste pas insensible aux charmes de cette incursion dans un monde lisse, mené en douceur par le guide Adrian, dernier bastion d'intégrité dans un monde d'escrocs
manipulateurs?
Le dernier des Weynfeld, Martin Suter, Seuil, "Points", mai
2009.
Nu devant la salamandre,
Vallotton
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Par Mlle Georges
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Publié dans : chroniques livresques
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