Lundi 16 février 2009
A Icamole, alors que les villageois prient pour le retour de la pluie, Lucio le bibliothécaire lit sans concessions les ouvrages envoyés par le gouvernement, jetant aux cafards avec rage tous ceux qu'il n'estime même pas dignes de brûler, car le feu « confère à un livre prétentieux l'utilité de produire de la chaleur, la gloire de devenir lumière. » (p.47)

Dans ce village du Mexique qui aurait plus besoin d'eau et de médicaments que de livres, Lucio, bien que suspendu de ses fonctions faute de lecteurs, trouve les réponses au réel dans le présent perpétuel des romans. Alors quand son fils Remigio remonte de son puits le cadavre d'une exquise fillette, c'est tout naturellement qu'il lui présente la solution dans la lecture du Pommier.

Dans ce village déserté par les eaux, Lucio étanche sa soif et ses désirs dans la littérature et nous invite à explorer les frontières entre vie et fiction, la où leur perméabilité brouille les évidences, là où les coïncidences n'en sont peut-être pas, là où la vie n'est pas toujours digne d'entrer dans la fiction et où la fiction reproduit bien maladroitement la vie.

Dans la profusion d'ouvrages que ne manquera pas de nous faire découvrir le Mexique au Salon du livre, ménagez-vous donc une place pour ces 215 pages, avant de les faire partager... ou de les offrir en pâture à la vermine! Libre à vous.
Par Mlle Georges - Publié dans : chroniques livresques
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