Vendredi 23 janvier 2009
Dépucelage accompli. Sans doute en proie aux affres du doute et de la crainte du traumatisme, je dois dire que la SF était pour moi un domaine inconnu: à peine de quoi faire illusion devant le client du dimanche, et encore, ne me demandez pas de faire un résumé! Alors il fallait ça, un entremetteur bienveillant qui me fasse le formidable cadeau d'une éblouissante lecture, et quoi de plus précieux que ces moments de délice...

Sur les bords du lac Léman, par une soirée orageuse de juin 1816, un étrange équipage mouille aux abords de la villa Diodati. Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont, Lord Byron et son secrétaire vont vivre des événements non moins étranges révélant les origines d'une paternité "toujours entachée de doute". Car celui qui se réclame d'une oeuvre n'est pas toujours celui qui l'enfante. Une genèse en somme, celle du Frankenstein de Mary Shelley, mais surtout celle du moins connu The Vampyre de Polidori. Ce dernier, jaloux, complexé et haineux, dévalorisé par ses comparses, entend bien les éblouir de sa plume à l'occasion d'un défi littéraire lancé par son maître: composer un récit fantastique inspiré de Coleridge.
Fantasmant son chef d'oeuvre, Polidori, piètre écrivain, est prêt à tout pour l'obtenir. Que lui en coûtera-t-il et qui est cette Annette Legrand qui signe ces lettres scellées de noir qu'elle lui dépose dans sa chambre?

Un ouvrage qui se dévore, au sens littéral du terme, empreint de sexe et de monstruosité, aux sources de la création littéraire, révélant les plus basses vanités et les besoins les plus fondamentaux dont se nourrissent les existences.

Par Mlle Georges - Publié dans : chroniques livresques
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